Où le récit d'une épopée moderne qu'Ovide n'aurait certainement pas daigné écrire...
La journéede mon démenagement fût, à plusieurs égards, bien riches en émotion.
La veille, des amis étaient venus en bande, profitant de la dernière occasion possible pour nous faire leurs adieux. Lors qu'ils furent tous partis, nous nous sommes couchées tôt pour reprendre des forces après, bien sûr, avoir remis en ordre l'appartement.
Evidement ça ne c'est pas passé exactement ainsi. En vrai, nos potes ont débarqés avec un stoc de bières, de whisky et la ferme intention de nous pinter la gueule une dernière fois. Alors lorsque je suis enfin parvenu à tous les foutre à la porte, il était 4h du mat et j'étais bourrée. Je me suis endormie comme une merde, sans même prendre le temps de retirer mes chaussettes. En revanche ma culotte, si... c'est dire si j'étais fraiche à cette heure et ce niveau d'alcoolemie...
Du coup le lendemain matin, enfin 2h30 plus tard en fait, qand il a falu se lever, je ressemblais plus à un paillassonde 15ans d'âge qu'à la jeune fille en fleur que je suis (en temps normal). Amor-mi-amor et moi avont achevé les derniers cartons, les der des der en quelques sortes, ceux dans lesquels tu fourres pèle-mêle tout, pardon TOUT, ce qui n'a pas encore été empaqueté et que tu étiquètes, très logiquement: bric à brac dernière minute. Et quand Coloc-préférée te demande si c'est réellement une bonne idée de mettre tes derniers veres à pieds chèrement (fauchés)empruntés àmon dernier boulot avec le pied de lampe en fonte, tu réponds, pas de problème, je marquerais fragile dessus. Mais tu doutes quand même un peu...
Ma mère, cet être exquis, devait arriver chez moi vers 8h30, ce qui signifiait, selon mes estimations qu'elle débarquerait tambour battant aux alentours de 7h30, 7h si elle est dans un de ses bons jours ( qui ne le sont que pour elle). Toujours pleine de surprises, elle arriva à... 9h.
Si vous cherchez quelque chose qui vous apporte une réel soutien moral, qui vous change la vie... Allez voir ailleurs!
dimanche 29 novembre 2009
samedi 14 novembre 2009
Lyon, enfin
Enfin... Presque...
Ça y est, j'ai trouvé un appartement pour accueillir notre immigration lyonnaise. Un bel appartement, dans un quartier sympathique, et tout semble pour le moment aller pour le mieux. Amor-mi-amor a écumé la moitié de Nice à la recherche de cartons dans lesquels nous avons commencé à entasser toutes nos possessions matérielles censées, quelque part, nous représenter.
Qu'en ressort-il?
Tout d'abord, ce n'est pas une nouveauté, que j'ai un budget livre qui doit atteindre le PIB du Burkina- Faso. Et que le tout représente un poids total se rapprochant de la production mensuelle de charbon du Pas-de-Calais dans les années 50 (1850, entendons nous bien!)
Ensuite que la quasi-totalité de ma vie tient dans une quinzaine de cartons. Et que je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou au contraire m'en inquiéter.
Enfin que si je n'étais pas le moins du monde attachée au lieu que je quitte, j'éprouve à présent un étrange sentiment de mélancolie.
Je l'attribue aux gens que je quitte, bien plus qu'aux années passées me rattachant encore à ces lieux. Et au fait qu'en nul lieu je ne me suis jamais senti chez moi. Si j'étais une vrai espagnole j'en ferai un flamenco:
Je suis une plante sans racine
ayant poussé au gré des vents
Mon coeur parfois s'illumine
D'un désespoir ardent
quand parfois je comprends
que nul endroit ne m'attend
que nulle terre n'est mienne.
Partout étrangère
j'erre.
Mais en français ça rend moins bien, question de rythme, sans doute.
Toujours est-il que je déménage le 25, sur les pentes de la croix-rousse, faire mon petit trou, creuser mon terrier avec Amor-mi-amor. Et avec Chat-crétin. Et la cohabitation entre ces deux là me réjouit déjà dune joie mauvaise.
Imaginez Marie-Georges Buffet et Marine Lepen dans la même pièce. Ou bien Marilyn Manson et Benoit XVI. Ou encore un lion fervent et un chrétien affamé. Voila, vous commencez à vous faire une vague idée de la situation actuelle.
Sachant que pour le déménagement, il faudra passer le trajet (7h de route tout de même) avec Amor-mi-amor, Chat-crétin enchaîné dans un harnais afin de lui éviter d'aller se coucher sous la pédale de frein (ce qui pourrait être préjudiciable pour son intégrité physique), UltimateSoldier venu donner un coup de main, ce qui est très appréciable ou plutôt le serait si ce n'était l'unique personne (a l'exception de ma mère) capable de me donner envie de l'arroser de kérosène et de craquer une allumette et ce, en moins de 10 minutes de présence. Le tout dans un habitacle de camionnette, soit moins de quatre mètres cubes.
Si personne ne meurt dans cette aventure, ce sera vraiment involontaire de notre part!
Ça y est, j'ai trouvé un appartement pour accueillir notre immigration lyonnaise. Un bel appartement, dans un quartier sympathique, et tout semble pour le moment aller pour le mieux. Amor-mi-amor a écumé la moitié de Nice à la recherche de cartons dans lesquels nous avons commencé à entasser toutes nos possessions matérielles censées, quelque part, nous représenter.
Qu'en ressort-il?
Tout d'abord, ce n'est pas une nouveauté, que j'ai un budget livre qui doit atteindre le PIB du Burkina- Faso. Et que le tout représente un poids total se rapprochant de la production mensuelle de charbon du Pas-de-Calais dans les années 50 (1850, entendons nous bien!)
Ensuite que la quasi-totalité de ma vie tient dans une quinzaine de cartons. Et que je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou au contraire m'en inquiéter.
Enfin que si je n'étais pas le moins du monde attachée au lieu que je quitte, j'éprouve à présent un étrange sentiment de mélancolie.
Je l'attribue aux gens que je quitte, bien plus qu'aux années passées me rattachant encore à ces lieux. Et au fait qu'en nul lieu je ne me suis jamais senti chez moi. Si j'étais une vrai espagnole j'en ferai un flamenco:
Je suis une plante sans racine
ayant poussé au gré des vents
Mon coeur parfois s'illumine
D'un désespoir ardent
quand parfois je comprends
que nul endroit ne m'attend
que nulle terre n'est mienne.
Partout étrangère
j'erre.
Mais en français ça rend moins bien, question de rythme, sans doute.
Toujours est-il que je déménage le 25, sur les pentes de la croix-rousse, faire mon petit trou, creuser mon terrier avec Amor-mi-amor. Et avec Chat-crétin. Et la cohabitation entre ces deux là me réjouit déjà dune joie mauvaise.
Imaginez Marie-Georges Buffet et Marine Lepen dans la même pièce. Ou bien Marilyn Manson et Benoit XVI. Ou encore un lion fervent et un chrétien affamé. Voila, vous commencez à vous faire une vague idée de la situation actuelle.
Sachant que pour le déménagement, il faudra passer le trajet (7h de route tout de même) avec Amor-mi-amor, Chat-crétin enchaîné dans un harnais afin de lui éviter d'aller se coucher sous la pédale de frein (ce qui pourrait être préjudiciable pour son intégrité physique), UltimateSoldier venu donner un coup de main, ce qui est très appréciable ou plutôt le serait si ce n'était l'unique personne (a l'exception de ma mère) capable de me donner envie de l'arroser de kérosène et de craquer une allumette et ce, en moins de 10 minutes de présence. Le tout dans un habitacle de camionnette, soit moins de quatre mètres cubes.
Si personne ne meurt dans cette aventure, ce sera vraiment involontaire de notre part!
samedi 10 octobre 2009
Attente
Ou comment tenter de faire un post alors que l'on a rien d'intéressant à raconter!
Je suis en attente. Et en recherche. Recherche d'un appartement sur Lyon, attente de ma formation, attente de pouvoir me réinstaller dans un univers personnalisé (cantonné à un F2 pour le moment, mais je ne désespère pas d'avoir un jour un univers en F5, au moins!)
Après avoir passé tant de temps à attendre, à hésiter, à tâtonner et à raisonner, maintenant que ma décision est prise je voudrais me lancer, courir, sauter à pieds joints, m'élancer....
Et je dois attendre, je ne peux rien faire pour le moment.
Je suis impatiente de partir de Nice alors que j'ai eu si peur de devoir me rapproprier un lieu nouveau avec des personnes et des repères nouveaux. Et j'ai envie de recommencer. J'en crève d'envie. Mais je dois patienter.
Alors je farfouille sur internet à l'affût de l'appartement de mes rêves, bien situé dans un quartier sympa, grand et lumineux avec du cachet et une cuisine équipée! Je suis peut-être légèrement exigeante.
Mon quotidien actuel s'organise entièrement autour de cette quête du Graal immobilier. A peine sortie du boulot, je me branche sur la toile et, en parfaite arachnide informatique, je tente de débusquer ma perle rare. Je ne sors presque plus, de toute façon mon boulot m'épuise; je ne vois pas grand monde; toute mon énergie est actuellement mobilisée, dirigée vers mon but si proche et pourtant tellement inaccessible.
Cette situation est extrêmement frustrante!
Je suis en attente. Et en recherche. Recherche d'un appartement sur Lyon, attente de ma formation, attente de pouvoir me réinstaller dans un univers personnalisé (cantonné à un F2 pour le moment, mais je ne désespère pas d'avoir un jour un univers en F5, au moins!)
Après avoir passé tant de temps à attendre, à hésiter, à tâtonner et à raisonner, maintenant que ma décision est prise je voudrais me lancer, courir, sauter à pieds joints, m'élancer....
Et je dois attendre, je ne peux rien faire pour le moment.
Je suis impatiente de partir de Nice alors que j'ai eu si peur de devoir me rapproprier un lieu nouveau avec des personnes et des repères nouveaux. Et j'ai envie de recommencer. J'en crève d'envie. Mais je dois patienter.
Alors je farfouille sur internet à l'affût de l'appartement de mes rêves, bien situé dans un quartier sympa, grand et lumineux avec du cachet et une cuisine équipée! Je suis peut-être légèrement exigeante.
Mon quotidien actuel s'organise entièrement autour de cette quête du Graal immobilier. A peine sortie du boulot, je me branche sur la toile et, en parfaite arachnide informatique, je tente de débusquer ma perle rare. Je ne sors presque plus, de toute façon mon boulot m'épuise; je ne vois pas grand monde; toute mon énergie est actuellement mobilisée, dirigée vers mon but si proche et pourtant tellement inaccessible.
Cette situation est extrêmement frustrante!
samedi 19 septembre 2009
Moustique
Ou comment l'apprentissage d'une langue étrangère me donne de envies de fiction bilingue...
Le véritable nom du moustique est culicidae. Celui qui me harcèle de ses bourdonnements sourds et discontinus est peut-être même un aedes albopictus, couramment nommé moustique-tigre, la pire espèce vivant sous nos climats. Dans ce cas, la piqûre sera douloureuse et gênante et il y a un risque de transmission du chikungunya. Mais je crois qu'il n'a pas encore été aperçu dans les Pyrènes.
Ma voisine tousse légèrement. J'écoute sa respiration depuis un moment maintenant et je sais qu'elle non plus ne dors pas. Je le devine au rythme de ses inspirations et au petit bruit de tissu froissé venant de son sac de couchage qui indique qu'elle balance son pied droit, un tic qu'elle a souvent. Dès qu'elle est assise ou couchée, dès que le poids de son joli corps n'appuie plus dessus, elle balance en arrière son adorable pied et le mouvement fait ressortir une petite veine qui court sous la peau dorée de sa cheville fine. En me concentrant j'arrive même à discerner le cliquetis de la fermeture éclair. Comment dit-on fermeture éclair en espagnol, déjà? Je ne me rappelle plus, je sais que ça ressemble à un autre mot français... Fermeture éclair... Fermeture à glissière...gouttière... crémaillère... "cremallera"! Una cremallera ! Una cremallera que querria lentamente bajar para descubrir su cuerpo como un regalo fuera de su embalaje...
Avec l'énergie du désespoir, je tente de toutes me forces de me concentrer sur le plafond. Peut-on réellement parler de plafond dans une tente? Sur la toile constituant le toit de la tente. Mais la circonvolution me déplait. Si autant de mots sont nécessaires pour éviter une éventuelle faute de terme, ne vaut-il pas mieux commettre une inexactitude?
Je l'entends se retourner et je retiens ma respiration. Son bras frôle désormais le mien, le dos de sa main touche le dos de ma main et ce contact, presque immatériel à force d'être éthéré, déclenche en moi une vague de chaleur moite qui me traverse brusquement. Je voudrais pouvoir bouger mais je reste paralysée, fascinée par ce contact, aussi léger soit il, comme un lapin pris dans les phares dune voiture. Est-ce voulu? Est-ce une avance ou un hasard? J'appuie mon index contre sa peau, tout doucement, assez subtilement pour que ça ne soit pas ouvertement un contact, mais plutôt une velléité de contact. Je sens ses doigts caresser les miens, très lentement. Alors que mon esprit a d'ores et déjà démissionné et que mes neurones ont fuit à grands pas, ma main semble répondre d'elle-même. Mes doigts remontent le long de son poignet et comptent un, deux, trois bracelets de corde, parcourent son avant-bras, escaladent son coude, parviennent sur son bras, suivent le chemin de peau satinée jusqu'à son épaule pour venir se fixer en conque derrière son oreille. Je la regarde du mieux que me le permettent mes pupilles myopes et la pénombre. De près, elle est encore plus jolie.
Elle me sourie -je manque de passer à l'état liquide- et me dit:
-"Por fin, te decides?
- Tengo ganas de besarte.
- Tengo ganas de ti."
A ce moment précis, mon clitoris a migré dans ma gorge t n'a pas l'air de vouloir en redescendre. Je ne peux rien répondre, à part peut-être "zwurkd" et dans ce cas, mieux vaut se taire.
Elle m'embrasse.
Et tout à coup cette saloperie vampire de culicidae me parait beaucoup moins important.
Le véritable nom du moustique est culicidae. Celui qui me harcèle de ses bourdonnements sourds et discontinus est peut-être même un aedes albopictus, couramment nommé moustique-tigre, la pire espèce vivant sous nos climats. Dans ce cas, la piqûre sera douloureuse et gênante et il y a un risque de transmission du chikungunya. Mais je crois qu'il n'a pas encore été aperçu dans les Pyrènes.
Ma voisine tousse légèrement. J'écoute sa respiration depuis un moment maintenant et je sais qu'elle non plus ne dors pas. Je le devine au rythme de ses inspirations et au petit bruit de tissu froissé venant de son sac de couchage qui indique qu'elle balance son pied droit, un tic qu'elle a souvent. Dès qu'elle est assise ou couchée, dès que le poids de son joli corps n'appuie plus dessus, elle balance en arrière son adorable pied et le mouvement fait ressortir une petite veine qui court sous la peau dorée de sa cheville fine. En me concentrant j'arrive même à discerner le cliquetis de la fermeture éclair. Comment dit-on fermeture éclair en espagnol, déjà? Je ne me rappelle plus, je sais que ça ressemble à un autre mot français... Fermeture éclair... Fermeture à glissière...gouttière... crémaillère... "cremallera"! Una cremallera ! Una cremallera que querria lentamente bajar para descubrir su cuerpo como un regalo fuera de su embalaje...
Avec l'énergie du désespoir, je tente de toutes me forces de me concentrer sur le plafond. Peut-on réellement parler de plafond dans une tente? Sur la toile constituant le toit de la tente. Mais la circonvolution me déplait. Si autant de mots sont nécessaires pour éviter une éventuelle faute de terme, ne vaut-il pas mieux commettre une inexactitude?
Je l'entends se retourner et je retiens ma respiration. Son bras frôle désormais le mien, le dos de sa main touche le dos de ma main et ce contact, presque immatériel à force d'être éthéré, déclenche en moi une vague de chaleur moite qui me traverse brusquement. Je voudrais pouvoir bouger mais je reste paralysée, fascinée par ce contact, aussi léger soit il, comme un lapin pris dans les phares dune voiture. Est-ce voulu? Est-ce une avance ou un hasard? J'appuie mon index contre sa peau, tout doucement, assez subtilement pour que ça ne soit pas ouvertement un contact, mais plutôt une velléité de contact. Je sens ses doigts caresser les miens, très lentement. Alors que mon esprit a d'ores et déjà démissionné et que mes neurones ont fuit à grands pas, ma main semble répondre d'elle-même. Mes doigts remontent le long de son poignet et comptent un, deux, trois bracelets de corde, parcourent son avant-bras, escaladent son coude, parviennent sur son bras, suivent le chemin de peau satinée jusqu'à son épaule pour venir se fixer en conque derrière son oreille. Je la regarde du mieux que me le permettent mes pupilles myopes et la pénombre. De près, elle est encore plus jolie.
Elle me sourie -je manque de passer à l'état liquide- et me dit:
-"Por fin, te decides?
- Tengo ganas de besarte.
- Tengo ganas de ti."
A ce moment précis, mon clitoris a migré dans ma gorge t n'a pas l'air de vouloir en redescendre. Je ne peux rien répondre, à part peut-être "zwurkd" et dans ce cas, mieux vaut se taire.
Elle m'embrasse.
Et tout à coup cette saloperie vampire de culicidae me parait beaucoup moins important.
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