samedi 10 octobre 2009

Attente

Ou comment tenter de faire un post alors que l'on a rien d'intéressant à raconter!

Je suis en attente. Et en recherche. Recherche d'un appartement sur Lyon, attente de ma formation, attente de pouvoir me réinstaller dans un univers personnalisé (cantonné à un F2 pour le moment, mais je ne désespère pas d'avoir un jour un univers en F5, au moins!)
Après avoir passé tant de temps à attendre, à hésiter, à tâtonner et à raisonner, maintenant que ma décision est prise je voudrais me lancer, courir, sauter à pieds joints, m'élancer....
Et je dois attendre, je ne peux rien faire pour le moment.

Je suis impatiente de partir de Nice alors que j'ai eu si peur de devoir me rapproprier un lieu nouveau avec des personnes et des repères nouveaux. Et j'ai envie de recommencer. J'en crève d'envie. Mais je dois patienter.

Alors je farfouille sur internet à l'affût de l'appartement de mes rêves, bien situé dans un quartier sympa, grand et lumineux avec du cachet et une cuisine équipée! Je suis peut-être légèrement exigeante.
Mon quotidien actuel s'organise entièrement autour de cette quête du Graal immobilier. A peine sortie du boulot, je me branche sur la toile et, en parfaite arachnide informatique, je tente de débusquer ma perle rare. Je ne sors presque plus, de toute façon mon boulot m'épuise; je ne vois pas grand monde; toute mon énergie est actuellement mobilisée, dirigée vers mon but si proche et pourtant tellement inaccessible.

Cette situation est extrêmement frustrante!

samedi 19 septembre 2009

Moustique

Ou comment l'apprentissage d'une langue étrangère me donne de envies de fiction bilingue...

Le véritable nom du moustique est culicidae. Celui qui me harcèle de ses bourdonnements sourds et discontinus est peut-être même un aedes albopictus, couramment nommé moustique-tigre, la pire espèce vivant sous nos climats. Dans ce cas, la piqûre sera douloureuse et gênante et il y a un risque de transmission du chikungunya. Mais je crois qu'il n'a pas encore été aperçu dans les Pyrènes.

Ma voisine tousse légèrement. J'écoute sa respiration depuis un moment maintenant et je sais qu'elle non plus ne dors pas. Je le devine au rythme de ses inspirations et au petit bruit de tissu froissé venant de son sac de couchage qui indique qu'elle balance son pied droit, un tic qu'elle a souvent. Dès qu'elle est assise ou couchée, dès que le poids de son joli corps n'appuie plus dessus, elle balance en arrière son adorable pied et le mouvement fait ressortir une petite veine qui court sous la peau dorée de sa cheville fine. En me concentrant j'arrive même à discerner le cliquetis de la fermeture éclair. Comment dit-on fermeture éclair en espagnol, déjà? Je ne me rappelle plus, je sais que ça ressemble à un autre mot français... Fermeture éclair... Fermeture à glissière...gouttière... crémaillère... "cremallera"! Una cremallera ! Una cremallera que querria lentamente bajar para descubrir su cuerpo como un regalo fuera de su embalaje...

Avec l'énergie du désespoir, je tente de toutes me forces de me concentrer sur le plafond. Peut-on réellement parler de plafond dans une tente? Sur la toile constituant le toit de la tente. Mais la circonvolution me déplait. Si autant de mots sont nécessaires pour éviter une éventuelle faute de terme, ne vaut-il pas mieux commettre une inexactitude?

Je l'entends se retourner et je retiens ma respiration. Son bras frôle désormais le mien, le dos de sa main touche le dos de ma main et ce contact, presque immatériel à force d'être éthéré, déclenche en moi une vague de chaleur moite qui me traverse brusquement. Je voudrais pouvoir bouger mais je reste paralysée, fascinée par ce contact, aussi léger soit il, comme un lapin pris dans les phares dune voiture. Est-ce voulu? Est-ce une avance ou un hasard? J'appuie mon index contre sa peau, tout doucement, assez subtilement pour que ça ne soit pas ouvertement un contact, mais plutôt une velléité de contact. Je sens ses doigts caresser les miens, très lentement. Alors que mon esprit a d'ores et déjà démissionné et que mes neurones ont fuit à grands pas, ma main semble répondre d'elle-même. Mes doigts remontent le long de son poignet et comptent un, deux, trois bracelets de corde, parcourent son avant-bras, escaladent son coude, parviennent sur son bras, suivent le chemin de peau satinée jusqu'à son épaule pour venir se fixer en conque derrière son oreille. Je la regarde du mieux que me le permettent mes pupilles myopes et la pénombre. De près, elle est encore plus jolie.

Elle me sourie -je manque de passer à l'état liquide- et me dit:

-"Por fin, te decides?
- Tengo ganas de besarte.
- Tengo ganas de ti."

A ce moment précis, mon clitoris a migré dans ma gorge t n'a pas l'air de vouloir en redescendre. Je ne peux rien répondre, à part peut-être "zwurkd" et dans ce cas, mieux vaut se taire.

Elle m'embrasse.
Et tout à coup cette saloperie vampire de culicidae me parait beaucoup moins important.

lundi 31 août 2009

Départ définitif de Nice

Ou comment pousser encore plus loin le concept du "changer de lieu pour changer de vie!"

Chère peuple de France, fidèle à la tradition de ces charmants volatiles que sont les cigognes, je me prépare à migrer. Je pars à Lyon en décembre. Pour le moment, je ne sais ni quand exactement, ni où exactement (où dans Lyon) mais j'y migre. Afin d'achever enfin ma formation universitaire et me lancer dans une brillante carrière (je rêve, j'ai droit...). Afin d'échapper à Nice qui, depuis 5 ans que j'y vis commence à me courir réellement sur le haricot.

Afin de recommencer à zéro dans un nouvel endroit sans passé parasite à traîner aux pieds. Et ne garder que le meilleur de ce que j'ai vécu, choisir d'oublier ce que je ne désire pas retenir et retenir ce que j'ai aimé.

Et ceux que j'aime encore. Les quelques amis que je ne veux pas oublier, ceux qui le méritent le plus. Le bon grain au milieu de l'ivraie. Ceux là, je garderai contact, même si je n'appelle pas très souvent et que j'ai parfois tendance à oublier les anniversaires (Marina, si tu nous écoute...).

Il y a ceux, partis avant moi, dont je vais me rapprocher, les éclairés ayant choisi de s'enfuir de Nice.

Et, parallèlement, ceux dont je vais être absolument ravie d'être débarrassée. Ceux dont l'absence me sera un soulagement et que je laisse avec la satisfaction éprouvée habituellement en contemplant le cadavre écrasé du moustique que je viens d'occire.

Rien que pour ça, j'eus été prête à m'exiler aux Kerguelen conter fleurette aux pingouins (et aux pingouines!). Alors rejoindre l'ancienne capitale des Gaules, désormais une des capitales culturelles européenne, capitale gastronomique de plus!

Ce départ est l'exact contraire d'un exil, c'est un inxil, une transition profonde.

Vive Lyon, la rosette, le Rhone et la soie!
Vive la gastronomie et le raisin blanc;
à vous les studios!

vendredi 21 août 2009

Volver a Niza

Ou comment, malgré mes précédentes promesses, je n'ai pas assassiné trois espagnoles...

Finalement l'inextricable situation s'est désinextricablisée. Les filles ont débarqué chez moi dans la joie et la bonne humeur, avec un enthousiasme éblouissant et une caisse entière de bières. Des fois que la France n'en commercialise pas! Ceci dit, vu que j'avais acheté du vin et que les filles ont décrété que "en Francia hay que beber vino!" (quand il s'agit de rendre hommage à Bacchus et au travail des vignerons, je suis toujours partante, par principe patriotique), et bien les bières n'ont pratiquement pas été touchées de tout le séjour. Lors de mon retour, elles m'attendaient dans ma chambre, d'un air vexé d'être encore pleines!

Autant le dire tout de suite, je me suis amusée comme une petite folle. Déjà lorsque les filles étaient à Nice, ça n'était pas triste. Mais elles n'ont dévoilé la pleine mesure de leur talent qu'une fois embarquées pour le grand voyage au bout du monde.

C'est à dire, dans un premier temps, à Montpellier.
Oui, je sais ça n'a ml'air de rien, dit comme ça, mais avec un GPS datant du temps où mon père portait encore des culottes courtes l'affaire peut se compliquer. Car la propriétaire du véhicule et du Gps en question est une fervante croyante en la technologie en général et celle de son instrument de navigation en particulier. Au point suivre attentivement l'indication de tourner à gauche alors qu'un panneau directionnel de la taille d'un petit porte-avion nous indique "Montpellier tout droit". Evidement, l'ambiance aurait pu s'échauffer et touner au vinaigre si nous n'étions pas des filles trés zen.

Mais, partant du principe que nous étions en vacances, que nous avions de l'argent liquide, nos passeport ainsi de quoi nous substenter et qu'au final faire Nice-Valence en quatre jours au lieu de 2 ne nous importait guère, tout c'est formidablement bien passé.
Nous avons roulé, ri, bu et fumé pas mal. Surtout au cours d'une soirée où les filles ont tellement fumé que, sans que j'ai fumé une seule fois, j'étais totalement défoncée. Mais bien, au point de rire comme des nouilles ou de hyènes (parce qu'en fait, si quelqu'un a déjà entendu rire une nouille, qu'il vienne m'en parler!)... Nous avons vu des amis, rencontré des gens, dormi dans une tente dans le petit jardin de la maison de JolieWaldi, pour cause d'allergie aux poils de chiens (qui, eux, dormaient dans la maison!). J'ai chanté de l'opéra totalement bourrée sur la scéne d'un bistrot d'Andorra-la-veja en trio avec un guitariste italien et un rappeur francais. Et le pire c'est que ça rendait vraiment bien et original. Les gens du bar ont adoré. Et moi aussi.



La vie...







La belle vie, en fait